Sur la route

•17 février, 2009 • Laisser un commentaire

Abras & Ratcoursix, spectacle jeune public, 2- 6 ans:

- Vendredi 20 Février à 16 heures, Festival Les 36 heures à Aurillac, Espace Mendès- France.

- Samedi 7 mars, école municipale de danse, Clermont-Ferrand

- Samedi 14 mars, école municipale de danse, Clermont-Ferrand. Projet accompagné d’une série de deux semaines d’ateliers avec les enfants de l’école.

A titrer, dispositif chorégraphique pour un piano, un lecteur et un danseur.

- Du 20 au 22 mars: Saint-Etienne.

Ateliers petite enfance:

- De février à juillet: Créche Le Petit Prince, Les Martres de Veyres.

- De mars à juin : RAM ” Le Papillon “de Lempdes, pour une quatrième collaboration.

petite enfance

•12 janvier, 2009 • Laisser un commentaire

Danse avec les Petites Canailles.

petitDe novembre à décembre de cette année, les lundis et certains mardis, les enfants et les adultes des Petites Canailles sont venus dans une salle du CREFAD, pour participer, ou plutôt initier des ateliers de danse. Le mot danse est important, on pense plus à éveil corporel, cependant les paramètres de la pratique sont bien ceux de la danse. Je sens vos yeux s’ouvrir et les  étonnements surgir.
-    C’est quoi danser avec des petits ? Cela est-il possible ? Ho que oui si l’on sort de cette imagerie passéiste de la danse, car il s’agit bien de se déplacer en dehors de ce que l’on croit être la danse. Le danseur que je suis répond sans détour oui on danse. Ces moments sont surprenants, toujours différents, quelquefois chaotiques, mais toujours intenses à vivre. Le danseur dans une pratique avec les tout-petits occupe un espace particulier: ne rien faire, laisser faire, juste proposer, permettre l’autorisation, faire naître la confiance. Il faut être dans l’avec, accompagner, soutenir, recevoir chaque particule d’élan, répondre à la découverte et l’exploration. De là l’espace de la danse s’offre à nous : les petits se jouent de leur corporalité, se découvrent en surprises articulaires, en volume, puis ils sélectionnent, choisissent, refont, gardent des traces, observent les autres ; en cela ils sont dans le travail de la danse.Rien de démonstratif dans ce sens de spectaculaire : non enfin toucher ses pieds, parler avec ses  orteils, marcher sur les fesses…
-    Les ateliers sont des laboratoires d’expérience de sa possibilité corporelle, de sa capacité à être ce que l’on est. Mais c’est aussi l’apprentissage d’être avec l’adulte dans un mode de relation différent, celui du faire ensemble. Faire que chacun trouve sa place et nécessité à être là.
-    Puis danser pour nous c’est la découverte d’un autre espace, un autre lieu que celui  de vie. Mais si la première fois nous sommes sur une notion d’exceptionnelle, avec le renouvellement, l’espace devient vite reconnu dans sa spécificité, même s’il garde toujours une place de mystère, des traces s’inscrivent quand on revient plusieurs fois dans un même lieu. Mais cet autre autorise aussi à nous tous d’être différents.
-    Pour finir lors de l’avant-dernière séance, en voyant arriver mes petits danseurs, une surprise : « qu’ils sont petits !!! Mais voilà après une heure travail ensemble, ils m’ont déplacé, fais changé de dimension, je suis à leur taille, ou disons que nous avons oeuvrant à la construction d’un espace commun, su négocier les proportions. Donc nous avons dansé puisque l’acte de danser implique toujours une métamorphose.

chateaux de sable, moulins à vent…

•12 janvier, 2009 • Laisser un commentaire

Se battre contre des châteaux de sables et construire des moulins à vent.

Perdre corps.

Comme perdre pied, je perds corps.

Pour un danseur, cet énoncé ressemble à une mort annoncée. Pourtant j’ai aimé perdre LE corps, ne plus être moi mais ce corps de la danse, ce lieu de métamorphose, ce lieu de vie. Le passage de vie et mort tient donc à peu de chose, juste un article, la disparition du « le » me conduit à disparaître.

Comment ce petit article peut-il se détacher de son corps ?

Que porte-t-il comme sens profond pour conduire à cet écart d’état ?

Qu’est-ce que perdre corps ?

Perdre corps : je plonge dans le contraire de cette sensation : non cette certitude, dont j’aime tant à débattre : à savoir que le corps peut apporter la pensée, la pensée peut nourrir le corps. Seulement, je perds corps, car la tête est la seule présente, l’esprit, la pensée, sont omniprésents, et ne se relient plus dans le corps, il n’y a plus de liens, juste ce remue- ménage d’idées noires, le corps s’est perdu, non s’est détaché.

Perdre corps comme perdre son identité, un sans domicile, un sans corps : ne plus savoir qu’être. Avant j’aimais être des corps, celui de la danse, qui me donnait ce corps de l’homme, celui de la vie. Oui danser, pour moi se résume à acquérir d’autres corps, se mettre au service du geste, du mouvement qu’il inscrit, devenir un corps textuel celui du langage du corps. Ce corps qui danse évacue peu à peu le corps du quotidien, il fait table rase, il doit plonger dans le corps, à l’extérieur : sa place dans l’espace, en surface : la peau du corps, en dessus : la chair du corps, en dedans : les os du corps, en profondeur : la pensée du corps. Danser nécessite l’accomplissement de ce cheminement. Danser, rejoint l’idée de Michel Foucault, du corps utopique. C’est cela je suis ne suis plus un corps utopique.

Pourquoi je me suis ainsi perdu ?

Où les forces m’ont-elles abandonnées ?

Pourquoi je n’arrive plus à me concevoir comme utopique ?

Une certitude de ne pas m’être perdu seul, je ne crois pas que cela soit possible, on n’est perdu, on ne se perd pas. La perte implique les autres, pour se perdre il faut de l’aide, un entourage qui délivre des pistes, qui balise des chemins, qui instaure des endroits de perdition.

Maintenant, il faut me mettre en quête de cette construction de la perte, inlassablement  parcourir le terrain à la recherche des indices de la perte. Faire des ceux-ci des jalons pour ramener à la surface le « LE » du corps.

Reprendre pied et reprendre le corps : l’acte à accomplir en premier.

Se mettre les deux pieds dans le corps.

Se placer dans le corps.

Reprendre en main un état de corps.

Interroger l’artiste et sa mise en acte.

… l’envie de rester à la surface…

« …Ce qui tissent les histoires, les chansons… » ou peut-être les danses. Je me sens comme un écrivain de danse, ou plutôt écrivain du corps qui danse. Il y a un terme officiel, et très prisé, pour désigner cet acte d’écriture, celui de chorégraphe. Mais vous comprendrez que j’ai quelques ennuis avec ce terme. Il ne me parle plus, ne me fait plus vibrer. Est-ce cette raison qui me donne l’élan pour cette lettre, ce besoin de donner à lire comment la danse pour moi est écriture ?

Non je me dois d’être honnête encore une fois : j’écris car on est en train de m’enlever toute possibilité d’écriture du corps qui danse. Je ne suis pas le premier à qui cela arrive, et pas le dernier malheureusement, mais qu’importe cela crée du remue-méninges. Tous ces mots du corps qui risquent ne plus pouvoir s’écrire remontent à la surface. Ils demandent à exister alors que tout coule.

Mon métier, puisqu’il s’agit bien de cela, ce métier que j’ai appris, que je continue à apprendre, que j’enrichis, que je décore aussi de quelques diplômes pour être hors de tous reproches, se base sur cette écoute profonde du corps à corps qui me travaille, me donne à penser. C’est un contrat entre nous, ce que veut l’un, l’autre le fait, l’accomplit. Il semblerait qu’aujourd’hui mon travail est de mettre en mots, sur papier, cette danse. Il ne s’agit que d’un transfert d’outils pour donner la possibilité d’écrire des danses. Je me dois de parler de ce danger oppressant de cet arrêt du travail chorégraphique. Une sorte de révolte, il me faut crier ce corps qui ne comprend plus pourquoi il doit se stopper, et de quel droit ? Apprendre peut-être de ces mots le renoncement. Renoncer comme retrouver la liberté de dire. Dire le renoncement. Dire que je me bats avec cette notion d’arrêt, de l’immobilité du corps, car je suis menacé dans ce que je tiens de plus précieux en l’homme : son humanité. Je ne veux pas abandonner cette part d’humanité, et ne veux pas vivre en non respect de l’autre parce que menacé. Pour cela il faut faire des choix, on m’oblige au choix, quoiqu’il en soit il y a choix, si difficile, voire bouleversant. Pourtant choisir fait partie de la vie.

Voici quelques années ce choix a pris racine en moi, et je l’ai intégré à ma structure corporelle. Mais l’intégration et la décision ne jouent pas de la même mesure. Aujourd’hui il faut vraiment choisir, ne plus envisager. Il faut faire acte de ce choix, le détacher de sa structure interne, le poser face à soi, entrer en négociation avec lui. Et les problèmes commencent : je ne suis pas quelqu’un de la négociation mais plus de la rupture, de la cassure, de la dureté. Ecrire pour apprendre à me négocier, à m’envisager avec un peu plus de douceur, de tendresse…

Ce choix se traduit par perdre sa place d’artiste.

- Un sourire ?

- De quoi parle-t-on, de quelle place ?

- Une réponse simple , évidente, coulant de sens : AUCUNE.

Pour asseoir une démarche artistique, il faut  un point d’ancrage, un terrain d’appui. J’ai voulu depuis 1993, par choix m’inscrire en Auvergne. J’y ai cru, tout me semblait favorable : le rêve ne suffit pas, la conviction non plus. Portant j’ai tenté cette inscription, avec conviction, passion, exigence, rigueur, sans compromis avec singularité, et parfois avec hargne. Je me suis laisser allé à ce territoire, pour construire une démarche, pour faire croître cet art chorégraphique que je défends, qui me constitue.

Erreur, je me suis trompé : je pourrais faire état de mon implication artistique comme danseur, chorégraphe, pédagogue et bénévole, mais rien ne s’est vraiment inscrit, ou je n’ai pas trouvé les bons moyens qui puissent m’autoriser à être accompagné par les pouvoirs publics.

A regarder ces quelques années, l’impression qu’elles se résument à rien. Derrière cette impression le sentiment, la sensation, la certitude d’avoir œuvré vraiment, à la mesure des moyens dont je disposais. A chaque fois en essayant de contourner les difficultés et de continuer à avancer, je me suis déplacé, j’ai cherché d’autres chemins, je me suis mis en mobilité. Cependant la mobilité n’a pas force de loi contre l’immobilité, celle des institutions, celle des pouvoirs, de faire de quelqu’un un artiste. Ces pouvoirs, souvent rattachés à quelques personnes, qui à l’aide de dossiers, de chiffres, décident de la qualité, de la valeur d’un travail, du droit d’existence d’une équipe artistique. Ces pouvoirs qui légitiment l’artiste d’un droit de visibilité et lisibilité, sans, dans la plupart des cas, rencontrer de façon vivante l’œuvre ou seulement en passant, d’un seul regard,  qui justifiera les décisions pour plusieurs années.

Que doivent  faire ceux qui ne sont pas intronisés ?

Rien. Ou alors refuser cette emprise qui interdit à l’artiste de vieillir, de mûrir, d’asseoir une démarche, de faire des erreurs : les brouillons, les repentis, les esquisses ne sont pas pris en compte. Au bout il ne reste que ce sentiment désagréable d’échec, de ne pas être à sa place.

Renoncer à sa place d’artiste. Qu’est-ce au fond ?  Un leurre puisqu’elle ne vous appartient pas, elle est concédée.

Alors… L’état d’artiste, cet autre soi, cette nature profonde, ne demande rien, surtout pas le regard appréciateur d’un pouvoir. Cet état d’artiste est le seul qui autorise le NON. Je peux dire NON. La figure d’artiste se vit dans la résistance, dans cette acceptation de la perte de sa place.

Prenons comme énoncé que je sois un mauvais chorégraphe, puisque des gens connaisseurs estiment que mon travail ne mérite ni de subventions, ni de soutien, ni d’accompagnement.

Comment concevoir cela ? Presque tous n’ont jamais rien vu, ou seulement partiellement et justifient  leur absence d’engagement de façon aussi simple que : « j’ai vu et je n’aime pas donc pas la peine d’aider ».

Est-ce cela la responsabilité culturelle ?

D’autres parleront de chiffres, alors je donne des chiffres pour l’année 2007 : plus de 4000 personnes ont eu accès de multiples manières à notre démarche.

N’est-ce pas suffisant ?

Il y aussi la réponse classique : « on ne voit en rendez-vous que les personnes vues en spectacle ».  Mais entre janvier et juin 2008 la compagnie a donné 14  représentations dans le Puy-de-Dôme, pas de programmateurs, pas un mot d’excuse, rien.

Quelle crédibilité accorder à ces propos, ces attitudes ?

Etre chorégraphe en Auvergne, c’est se battre contre des moulins à vent.

Bien sûr, je ne parlerai pas des rendez-vous promis et non tenus, des réponses aux appels d’offres dont personne ne trouve la trace, et d’autres inepties du même genre.

Je veux bien que l’on remette en cause mes compétences mais je pense être en droit, à mon tour, de retourner l’exigence.

La compagnie a, depuis des années, assuré en partie plus de 50% des coûts de productions, un énorme travail de sensibilisation, a fait l’acquisition d’un lieu de travail puisque le tissu associatif a tellement fondu qu’il ne reste que peu de lieux de répétition. Cela va disparaître dans la plus grande indifférence générale des responsables et dans la déception des publics, des participants amateurs, des enseignants avec lesquels nous travaillons, des assistantes maternelles avec lesquelles nous innovons, des étudiants en danse, etc…

… Et plouf…

Cependant en 2008 la compagnie fait face à une situation simple : plus de subventions ni de soutien.[1]

Plus de moyens pour la compagnie AXOTOLT.

Cela nous pose questions et nous allons tenter de vous les soumettre afin de peut-être pouvoir envisager des chemins de traverse ensemble.

- Qu’est-ce que peut bien vouloir dire cet évident désengagement des institutions tant locales, que régionales et nationales ?

- Nous serait-il demandé simplement de quitter la place, et plus profondément d’avouer que notre travail depuis 1993 n’aurait  que peu de valeur ?- Doit-on recevoir sans rien dire une telle mise en doute de nos compétences ? Et de nos engagements ?- Est-il acceptable que quelques personnes aient le droit de décider de notre existence ?- Que reste-t-il encore à prouver pour avoir le droit d’être là ? Pour continuer notre travail ?

Pourtant la richesse culturelle d’une région, d’un territoire, d’une ville tient à la diversité, et au nombre des équipes artistiques…

Je crois comprendre à travers cette situation que l’on me fait savoir que je dérange. Soit. J’assume toute la responsabilité de ces dires et laisse la place libre à ceux dont le travail a trouvé grâce. Je leur souhaite bonne chance, car le terrain, je crois a été bien préparé : qu’ils s’en emparent généreusement.

Merci de votre lecture, et de ces mots faîtes ce que bon vous semble…

Cordialement.

Thierry Lafont.

Une nouvelle année…

•2 janvier, 2009 • Laisser un commentaire

Bonjour

A l’aube de cette nouvelle année, nous sommes très heureux de vous présenter nos meilleurs voeux.
Nous vous souhaitons une année riche:

en rencontres,
diversités,
bonheur.

Mais cependant, il faut aussi prendre en compte la fragilité croissante de notre champ : celui de la culture.
Donc il faut nous souhaiter une année:

de solidarité,
de respect,
de prise de risque,
et
de travail ensemble.

Derrière ces mots, se cache une réalité: celle de la compagnie AXOTOLT. Nous existons depuis 1993, ayant pour territoire d’attachement l’Auvergne. Depuis 2005 nous sommes en face à une situation qui devient très difficile pour nous: plus de subventions, alors que notre présence artistique se développe de plus en plus sur le territoire régional et national, et que nos champs d’interventions s’élargissent.

Face à cette incompréhension, nous avons adressée un courrier «plouf», peu de réponse, du côté des institutions ( ce courrier est publié dans la Revue «Chimères» – Figures de Don Guichotte). Un premier acte, qui est suivi directement par un deuxième: ne déposer aucun dossier de subvention cette année. Choix difficile, mais comment faire comprendre autrement qu’une activité artistique ne signifie pas pour nous que la création de spectacle, qu’il nous engage aussi sur de la pédagogie, de la recherche et de l’écrit.

Nous reconnaissons avoir pris des directions souvent étranges, sortant des sentiers traditionnels de la production dite spectaculaire, mais cela correspond à notre éthique de ce qu’est un acte artistique.

Notre but sachant que pour cette année 2009, nous n’aurons aucune aide, est de vous solliciter pour nous permettre de continuer à inscrire notre travail. Sous quelles formes? A nous de les inventer! Résidence, co-production, achat, mise en place d’un projet artistique…Inventons…
Nous sommes donc là pour vous demander de nous aider avec vos moyens, à continuer notre chemin.

Merci de votre aide.

AXOTOLT:
En mots

Ne pas désirer que son activité se résume à de la production de spectacles. Elle s’inscrit dans une démarche sans cesse approfondie, en constante évolution, qui se situe bien au-delà du simple acte de «création». Pour nous, bien plus que cette visibilité spectaculaire, notre élan va vers une présence multiple tant sur la diversité de nos pratiques artistiques que sur le plan géographique. Le travail de création ne peut pas être le seul élément appréciateur de notre démarche, car il ne représente qu’une part infime de notre engagement.

En chiffres

-  Année 2007:
* 16 représentations
* 4040 personnes ayant rencontré notre travail comme spectateurs ou par le biais de la sensibilisation.

- Janvier à août 2008:
* 29 représentations
* 6413 personnes nous ayant rencontrés.

Soit un total de:
* 48 représentations dont la moitié en dehors de l’Auvergne.
* 10 453 personnes nous ayant rencontrés.

Une équipe de 11 artistes.
Cinq objets chorégraphiques.

« L’espace ouvert devant toi n’a aucune autre mesure,
aucune autre qualité,
que celle à lui donnée par la forme et
le rythme de tes pas. »

Tradition védique